Archive for the 'Transport' Category

Enfin la neige!

Lundi, décembre 3rd, 2007

Il y avait bien 25 centimètres de neige de tombée quand j’ai quitté la maison pour aller travailler à vélo. Les petites rues sont très difficiles car la neige tapée est très épaisse, alors il faut forcer et maintenir son équilibre en dansant à gauche et à droite en obéissant à la roue arrière qui dérape. Sur les rues principales, il n’y avait que des petites bandes de neige épaisse, et malgré que ma roue arrière déviait souvent, c’était beaucoup plus facile, quoique épuisant après 5 km.

En suivant le conseil que j’ai reçu en consultant la littérature, c’est-à-dire de regarder loin devant, c’était facile de garder mon équilibre par une danse compensatoire. Je crois que le fait que j’aie beaucoup d’expérience de route avec mon vélo actuel (10 ans) m’ait aidé, car je connais bien ses réactions. Le fait d’avoir un vélo de cyclotourisme, plus stable, moins nerveux qu’un vélo de route ou de montagne, m’a peut-être aussi avantagé. Ça serait à comparer…

Toujours trop habillé, je suis arrivé en sueur au travail, mais sain et sauf. La prochaine fois, il faut vraiment que je me trouve une laine polaire moins épaisse. Le masque a été apprécié parce qu’il ventait et neigeait, mais à zéro Celcius il devient chaud rapidement, ce qui n’est pas vraiment un problème. J’avais des mitaines trop chaudes, mais ça non plus ce n’est pas un grand problème. Ça me prendrait des gants moins chauds qui couvrent ma manche de manteau pour empêcher la neige.

En tout, j’ai mis à peine plus de temps à me rendre au travail, malgré la grosse tempête. Les routes étaient presque désertes, probablement parce que les gens ont décidé de laisser leur voiture chez eux. La vitesse de tout le monde (moi inclu) était réduite, ce qui diminuait aussi le danger. Je n’ai pas eu peur pour ma vie.

L’expérience fût pour moi concluante: je vais continuer à aller au travail à vélo, qu’il fasse froid ou qu’il y ait tempête, tant que les rues sont déneigées un minimum. Par contre, s’il y a verglas, je ne compte pas m’y aventurer malgré mes pneus cloutés!

Convertir notre flotte de voitures à l’électrique

Jeudi, novembre 29th, 2007

Le Québec est dans le rouge. La balance commerciale était négative de 5,7 milliards de dollars en 2005, selon Richard Bergeron, chef de Projet Montréal (j’en parlais en février). L’industrie du pétrole et de l’automobile, à elle seule, nous coûtait en 2005 22,8 milliards, et est pratiquement responsable du déficit de 5,7 milliards de 2005. Ça doit être pire aujourd’hui.

Il va aussi sans dire que l’automobile est responsable d’une grande partie des émissions de gaz à effet de serre, et de la pollution de l’air.

En faisant abstraction des 700 morts et 51 000 blessés sur nos routes chaque année, est-ce qu’il serait faisable d’éliminer notre déficit commercial et la pollution en convertissant notre flotte automobile à l’électricité? C’est ce qu’a tenté de savoir Miguel Tremblay.

Selon un calcul rapide, il nous faudrait trouver 3000 mégawatts de capacité de production. Pour comparaison, complexe hydroélectrique La Grande a une puissance totale de 16 021 mégawatts. Les projets du Suroît et de la rivière Rupert ne font pas chacun 900 mégawatts.

On pourrait peut-être y arriver en augmentant notre efficacité énergétique. Hydro-Québec aurait annoncé en 2004 qu’elle pensait pouvoir économiser 6000 mégawatts.

Une autre source possible: l’éolien. Toujours en 2004, selon un article dans Le Devoir, “neuf producteurs privés d’électricité, associés à trois des plus importants turbiniers internationaux, ont déposé mardi des propositions fermes auprès d’Hydro-Québec pour installer en cinq ans en Gaspésie 4000 mégawatts d’énergie éolienne”.

À première vue, il semble possible d’alimenter nos voitures à l’électricité. Il faut toutefois considérer l’ensemble des répercussions. La construction d’une automobile nécessite énormément d’énergie. Une voiture électrique aurait des batteries qu’il faudra recycler. Une initiative de migration massive à la voiture électrique signifie qu’on mettra beaucoup de voitures à la casse, et il faudra avoir la capacité de les recycler en grand nombre. Enfin, il faut compter la dépense d’énergie qui sera nécessaire à la construction d’un barrage ou de parc éoliens.

Combien coûterait un tel plan? Ce n’est pas moi qui vais y répondre! Ça pourrait être rentable à long terme, qui sait? En intégrant dans le projet la construction de trains légers sur rails (lire tramway), plus efficaces énergétiquement qu’une voiture électrique, et en tentant de rendre nos villes plus humaines en diminuant la place que prend la voiture, je voterais pour!

En fait, ce plan est peut-être déjà en voie de réalisation car plusieurs automobiles fabricants y travaillent, et Projet Montréal pourrait gagner les élections…

Plan de transport : rapport minoritaire — Revoir le projet Notre-Dame Est

Dimanche, novembre 25th, 2007

Ce jeudi, Richard Bergeron, membre de la commission du comité exécutif de la ville de Montréal mandatée d’étudier le plan de transport, déposait un rapport minoritaire recommandant:

  • Que le 11e chantier, Moderniser la rue Notre-Dame, soit temporairement retiré du Plan de transport;
  • Que la Ville de Montréal renonce à transformer la rue Notre-Dame Est en autoroute urbaine d’une capacité de 150 000 véhicules par jour;
  • Qu’en lieu et place, les services de la Ville développent un concept de boulevard urbain, similaire à ceux de San Francisco, de Toronto, de Barcelone ou de Lyon, d’une capacité maximale de 50 000 véhicules par jour, intégrant en son centre un corridor Nouveau- Tramway / Tram-Train reliant le centre-ville à la pointe Est de l’île;
  • Que l’on mette à profit la démolition programmée de l’échangeur Turcot et de l’autoroute Bonaventure pour appliquer cette approche à l’ensemble des quinze kilomètres de longueur du corridor autoroutier Sud de Montréal, entre l’autoroute Décarie, à l’ouest, et le pont-tunnel Louis-Hyppolythe-Lafontaine, à l’Est;
  • Que le MTQ affecte la somme de 3 milliards de dollars, présentement disponible pour financer la réfection et la complétion du corridor autoroutier Sud de Montréal, à la réalisation de ce projet alternatif de transport des personnes et des marchandises.
  • Quand ledit projet alternatif sera suffisamment avancé, qu’on l’intègre au Plan de transport : Réinventer Montréal.

Lire le rapport complet

Il va sans dire que ça sera ignoré par le comité exécutif.

Crise du pétrole à l’horizon

Samedi, novembre 24th, 2007

J’ai eu l’idée récemment de classer tous les documentaires référencés sur mininova en ordre décroissant de “seeds” afin de voir qu’est-ce que la communauté est la plus encline à partager. J’ai trouvé réconfortant de voir mes films favoris dans en tête de liste: An Inconvenient Truth (qui m’obsède depuis février), Sicko, Why we Fight (dont j’ai parlé ici même le 4 juillet dernier), et Who Killed the Electric Car?.

J’avoue avoir un penchant pour les films touchant au développement durable, tout particulièrement au transport. Il y a cependant un film qui ne figurait pas au “box office mininova”: The End of Suburbia (www.endofsuburbia.com), probablement parce qu’il s’agit d’un film parmis tant d’autres qui rappelle que nous approchons de la chute de l’ère du pétrole. Le film commence de la même façon que The Art of Urban Cycling, c’est-à-dire par un résumé historique de l’avènement de la voiture, caractérisé par un exode vers la banlieue.

Après le visionnement de ce film, je me suis questionné sur l’effet qu’aurait cette crise à l’apparence inévitable, et j’ai lu la page Wikipédia traitant de la crise mondiale du pétrole de 1973. Je trouvais curieux le fait d’avoir une récession économique en même temps qu’une inflation. Dans mon esprit mal éduqué, l’inflation vient avec la prospérité économique. J’ai réalisé qu’une crise de l’énergie apportera les deux: la hausse des prix du pétrole causera l’inflation. J’apprends donc que l’inflation peut avoir plusieurs causes.

Matthew Simmons, soulignant dans le film le black-out de l’été 2003 comme signe révélanteur de l’accroissement de la demande d’électricité, est un personnage intéressant. Il a affirmé à un journaliste du New York Times que, selon lui, “le prix du pétrole, présentement autour de 65$ le baril, ferait plus que tripler au courant des cinq prochaines années”. Ça, c’était en 2005. Son pari signifie qu’en 2010, le baril se vendrait au-dessus de 200$. Aujourd’hui, selon Bloomberg, le baril se vent 98$. En deux ans, ça fait 50% d’augmentation! Si, dans deux ans, il augmente encore de 50%, le baril sera à 147$. Dans quatre ans, en 2011, toujours au même rythme, il sera à 220$. Ça, c’est si le rythme reste le même. Le gars a de bonnes chances de gagner son pari.

En tout cas, la fin du film dresse un portrait assez sombre des 10 ou 20 prochaines années, et j’essaie d’en saisir l’ampleur, les diverses implications, et les façons de m’en sortir le mieux possible quand ça arrivera. Je crois que ça arrivera. Je n’ai pas les preuves devant les yeux, mais je le crois. Et vous, le croyez-vous?

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Qu’est-ce que ça change, d’avoir la foi? Pourquoi est-ce que je m’en préoccuperais? Les choses vont pourtant bien, aujourd’hui: je me promène en voiture, je fais mon épicerie, etc. Si la crise survient dans 10 ans, je serai encore là. Maëva, ma fille, aura 10 ans. Elle ne comprendra peut-être pas encore tout ce que ça signifie. On ira moins souvent en banlieue visiter la famille, peut-être.

Ma voiture actuelle a presque 14 ans d’âge, et à voir la rouille qu’elle a, je dois décider par quoi je la remplace, si je la remplace. Est-ce que ça vaut la peine d’acheter une voiture neuve, fonctionnant uniquement à l’essence, sachant que le coût de l’essence a déjà grimpé considérablement ces dernières années? Est-ce qu’une voiture hybride sera vraiment plus avantageuse, sachant que sa seule source d’énergie reste le pétrole? Je dois aussi penser à la baisse de valeur de revente une fois la crise venue, en sachant que les voitures achetées aujourd’hui sont plus durables que celles achetées il y a dix ans.

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Côté chauffage, j’ai comparé les coûts il y a deux ans, et j’ai décidé d’ajouter un élément électrique à ma fournaise 100% mazout. Je chauffe donc 90% du temps à l’électricité, et je suis beaucoup moins dépendant des variations de prix, même si l’électricité risque d’augmenter légèrement en même temps que le pétrole.

Pour le reste, que puis-je faire? Tout ce que j’achète provient très souvent de l’extérieur de ma province, et je dois m’attendre à une hausse graduelle des prix. C’est déjà visible avec la hausse récente du prix des céréales, en partie (ou totalité?) causée par la production d’éthanol, combinée à celle du baril de pétrole. L’essentiel, c’est de pouvoir me nourrir, donc favoriser les producteurs locaux. Il faut faire attention, car même en allant au marché Jean-Talon, il est possible d’acheter des choses qui proviennent de très loin.

Enfin, qui dit récession économique dit perte d’emploi. Au paysage, il faut ajouter la situation démographique: les boomers iront massivement à la retraite d’ici 10 ans, au même moment où le baril de pétrole commencera, dit-on, à grimper rapidement. Est-ce que la perte d’emploi surviendra au même moment? Est-ce qu’il y aura pénurie dans certains domaines? Et quels seront les secteurs les plus touchés par les pertes? Quels sont les secteurs les plus sûrs?

Tout comme lors de la crise de 1973, il y aura une forte recherche d’énergies alternatives. Mais les intervenants du film The End of Suburbia prétendent qu’il n’y a actuellement aucune solution permettant de remplacer le pétrole, et surtout pas en 10 ans. Éthanol? Insuffisant. Hydrogène? Ce n’est pas une source d’énergie. Nucléaire? Très coûteux, long à mettre en place. Il n’y aura PAS de solution.

Au Québec, on a l’hydro-électricité. Même si nous étions capables de convertir toutes nos voitures actuelles à l’électricité, nous n’aurions même pas assez d’électricité pour l’alimenter. Il faudra réduire nos déplacements, et renouer avec le transport collectif, économe en énergie et utilisant plus facilement l’électricité grâce à ses rails. Et il y a le vélo!

Venez à Montréal, gens du nord!

Mercredi, novembre 21st, 2007

Après l’annonce du prolongement de l’autoroute 25, voilà que le maire Tremblay nous annonce fièrement qu’il transformera le boulevard Notre-Dame en autoroute. Le message est très clair: les banlieusards de la couronne nord seront les bienvenus au centre-ville. Amenez-en des chars!

Y appellent ça de la revitalisation! Revitalisation de quoi? des berges du fleuve Saint-Laurent qu’on ne voit plus? Oh que non! Pourtant, c’est ce que Barcelone a fait, et qui a contribué à en faire une des plus grandes destinations touristiques d’Europe. J’y suis allé. C’est superbe. Mais à Montréal, on construit des autoroutes sur nos plages! C’est ÇA le progrès! Je le dis et redis, Projet Montréal a un objectif très différent: la mise en valeur de
l’Entrée maritime de Montréal
.

Dans plusieurs villes du monde, on a cessé d’augmenter la capacité routière. Dans plusieurs, on a détruit des autoroutes riveraines très semblables au boulevard Notre-Dame. À Vancouver, cette logique a diminué de façon très significative le temps moyen pour se rendre au travail. À Séoul, le maire a remplacé l’équivalent de notre autoroute métropolitaine par ceci:

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J’ai cru que Gérald Tremblay allait changer Montréal pour le meilleur, mais après deux mandats, je réalise qu’il veut enlaidir sa ville, et favoriser l’exode des familles vers les banlieues conçues avec la voiture comme seul moyen de transport. Il se vante de tracer des pistes cyclables par terre, mais elles seront dangereuses puisqu’il aura favorisé l’automobile.

Ce soir, après une première neige, j’ai enfourché mon vélo pour me rendre au centre-ville, et je continuerai à le faire cet hiver pour aller travailler. Mais qui sait, si Projet Montréal perd les élections municipales en 2009, j’irai peut-être m’acheter une maison en banlieue, avec un garage double et deux chars pour aller travailler? Espérons que d’ici là le pont de la 25 et l’autoroute Notre-Dame auront deux fois plus de voies!

Après la cigarette, l’auto

Lundi, novembre 19th, 2007

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Mon ami Joan m’en parlait la semaine dernière, et maintenant c’est Yves Boisvert qui l’exprime: On n’a plus besoin du point d’interrogation. La voiture est bel et bien la nouvelle cigarette.

Insensiblement, notre perception de l’automobile change. Comme nous avons changé au fil des ans notre perception de la cigarette. Cela a rendu parfaitement acceptables des restrictions sur l’usage du tabac que même les non-fumeurs, il y a 25 ans, auraient crues dignes d’un régime totalitaire.

La même chose arrive à l’automobile. La conscience de plus en plus aiguë des dimensions nocives de l’automobile se lit dans les lois, les décisions des tribunaux, le discours public.

Les Échanges Parc-Pins

Lundi, septembre 24th, 2007

L‘Arrondissement du Plateau-Mont-Royal lance un appel à tous au sujet des sites rendus disponibles par la démolition de l’échangeur Des Pins. Nous avons jusqu’au 9 octobre 2007 pour faire parvenir nos suggestions.

Je vous présente mes suggestions, et je vous invite à soumettre les vôtres, ou à commenter les miennes.

  • Construire à la fois des bureaux, des logements, et des commerces, afin de favoriser la vie de quartier et les petits déplacements à pied.
  • Aménager de larges trottoirs (pas en béton!) pour développer l’axe piétonnier est-ouest.
  • Les deux sites sont très visibles de la rue Parc, et devraient donc avoir une architecture qui sort de l’ordinaire et moderne. La hauteur des édifices ne devrait pas bloquer complètement la vue sur le centre-ville.
  • Des stationnements à vélo et des vestiaires avec douches devraient être aménagés gratuitement pour les cyclistes qui y travaillent, ou qui travaillent dans les environs.
  • Tous les locataires commerciaux devraient avoir accès à un petit quai de déchargement commun, pour de petits camions seulement (interdire les grandes remorques qui n’ont pas leur place en ville).
  • Il faut interdire le stationnement sur rue, et minimiser autant que possible le stationnement intérieur, pour favoriser l’utilisation du transport en commun, et donner de la place pour de la verdure, des piétons, et des terrasses.
  • Prévoir le passage à moyen terme d’un tramway sur Parc.
  • Aménager un toit vert avec une terrasse profitant de la vue sur le centre-ville et le fleuve.
  • Respecter la norme LEED.
  • Livrer le projet avec plan de mobilité, et le rendre public.
  • Inciter les commerçants et entreprises à embaucher des citoyens vivant déjà à proximité du site (moins de 5km) avec des incitatifs financiers (taxe à la distance?).

Paris opte pour « Moins de pollution pour davantage de fluidité. »

Dimanche, juillet 15th, 2007

Joan m’a rappelé que c’est aujourd’hui que les parisiens commencent à utiliser plus de 10 000 vélos en libre-service. On peut lire dans Le Figaro:

Des Champs-Élysées à Montmartre en passant par Montparnasse, La Villette ou encore le Châtelet…, tout semble avoir été mis en oeuvre pour quadriller l’ensemble des lieux stratégiques et touristiques. Une sorte de toile d’araignée géante tissée à proximité des transports en commun (métro, bus, tramway) et des gares. Un maillage basé sur l’intermodalité qui permettra aux usagers de reposer leur bicyclette, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, dans l’une des 750 stations - il y en aura 1 451 d’ici à fin 2007 - installées à moins de 300 mètres les unes des autres.

Le Figaro n’est pas le seul à en parler! Le sujet intéresse beaucoup, et les médias français mettent le paquet. À quand Montréal?

Le Monde

Libération

Le combat d’un cycliste

Samedi, juillet 14th, 2007

Rue Jean-Talon, intersection Pie-IX

Descendant de mon vélo, j’ai eu envie de parler de ma ballade, et j’ai répondu à Anarcat, qui se remettait en 2005 d’une violente attaque de smog et de chaleur:

Depuis qu’il fait beau, je fais chaque jour à vélo les 5 km qui me séparent du travail, et c’est un combat constant contre les voitures. Juste aujourd’hui, pour aller faire renouveller mon permis de conduire (ironique!) je me suis fait faire un show de crissement de pneus par une grosse cylindrée pour me dire de me tasser, et un autre a viré histérique en faisant des grands gestes en devenant un danger public parce qu’il ne regardait plus en avant: il aurait pu frapper quelqu’un à contre-sens. Celui-là, comme je m’en doutais, je l’ai rejoint 30 mètres plus loin au feu de circulation, et j’ai tenté de lui faire retrouver la raison. Il m’a dit de me tasser, parce que je me ferais du mal. Pourtant, c’est LUI qui pourrait me faire du mal! Sans compter son échappement qu’il me fait respirer…

J’ai décidé d’en faire un combat, de rappeler aux automobilistes que j’ai le droit de circuler, autant qu’eux! Il y a trop peu de voies cyclables pour que je puisse m’y rabattre, alors je dois prendre ma place sur la rue.

Je prends peu de risques, toutefois, car je suis peut-être fou, mais je ne suis pas con! J’ai réalisé lors d’un voyage de cyclotourisme qu’en circulant le plus à droite possible sur une route étroite était plus épeurant que de circuler en plein milieu de la voie, même lors qu’il y a seulement une voie dans chaque sens.

J’ai compris que les automobilistes me voient de loin, et voyant leur voie bloquée, ralentissent et attendent que la voie en sens inverse soit libre pour me dépasser. Résultat? Je roule à mon aise, et les voiture me doublent à 40 ou 50km/h au lieu de 80 ou 90km/h.

Depuis cet été, j’applique cette découverte à Montréal. Je circule principalement sur Jean-Talon, où il y a deux voies et demie. La première voie, à gauche, est occupée à 80% par des voitures stationnées. La seconde, tout à gauche, est la voie préférée des automobilistes.

Entre les deux, une voie qui n’existe pas en théorie, mais qui sert en pratique à dépasser une automobile par la droite, enfreignant du coup le code de la route, et risquant de happer un passager ou un conducteur qui entre ou sort de sa voiture. Comme cycliste, je roule dans cette demi-voie, à plus d’un mètre des voitures stationnées pour éviter de me faire “porter” (dooring).

Quand je traverse une intersection, il se passe souvent 30 secondes pendant lesquelles il n’y a aucune voiture de stationnée, et où j’ai l’air d’être simplement au milieu de la rue. Je refuse de me tasser pour de courtes distances, car je prends le risque de me faire frapper en changeant de voie, parce que je suis sorti du champ de vision des conducteurs.

Depuis que j’applique cette conduite, je me sens en sécurité, et mes sorties sont plus agréables. Je dois souvent m’expliquer aux automobilistes, mais c’est un moindre mal.

L’accessibilité en Espagne

Jeudi, mai 31st, 2007


Lors de mes vacances en Espagne, j’ai pris beaucoup de photos. Énormément de photos. Ayant récemment rencontré Catherine, j’ai photographié ce qui facilitait (ou pas!) les déplacements pour les personnes en fauteuil roulant, et je viens de les publier en album ici.