Mon frère Félix et mon cousin Étienne sont venus souper chez moi, et Félix a apporté avec lui une carte vidéo dont le ventilateur est brisé, afin de trouver une façon de la remplacer, avec le bordel de pièces d’ordinateur que j’accumule dans mon sous-sol. Ces fichues cartes n’ont jamais la même fixation de ventilateur d’une à l’autre, et il est difficile de les remplacer, contrairement au ventilateur du processeur central. Ai-je besoin de dire que je n’ai rien trouvé pour l’aider?
J’applaudis Apple pour ses produits sans ventilateurs, utilisant ce même phénomène de convection qui est en partie responsable de notre météo. En plus de n’avoir aucun ventilateur à encrasser, ce sont les oreilles qui sont épargnées. Car le PC moderne a un ventilateur pour le CPU, la carte vidéo, l’alimentation, et le boîtier; difficile d’être silencieux avec tout ça! Les disques durs, de leur côté, se sont beaucoup améliorés depuis dix ans. C’est déjà ça de gagné.
C’est en pensant à ça que j’ai fait un lien avec une idée qui a démarré en discutant avec Joan de moyens de transport plus évolués que l’automobile, le train, le métro ou l’autobus. En cherchant des solutions, aussi farfelues qu’irréalisables, comme construire une ville tridimensionnelle dans l’espace et profiter de l’apesanteur pour éliminer le support physique des routes, que j’ai réalisé qu’une autre façon de résoudre le problème est de ne pas se transporter du tout!
Si les pièces mobiles sont l’enfer dans un PC, pourquoi est-ce que les humains mobiles ne le seraient pas? Ça fait déjà longtemps que le processus d’élimination des humains mobiles a débuté, avec l’automatisation robotique, mais surtout grâce à internet, qui permet à des entreprises de faire des affaires à des milliers de kilomètres de distance, et à des travailleurs “du savoir” de travailler à partir de leur maison. Bon, nous sommes très loin d’un idéal sans mouvement physique, mais la tendance est là.
Le corps humain émet depuis quelques années un signal d’alarme: on devient trop gras, et sédentaires. L’évolution naturelle par les gènes ne suffira peut-être pas à adapter l’humain à ce nouveau mode de vie assez rapidement pour assurer la survie. Trois solutions existent présentement: intégrer l’activité physique à son horaire, ce que très peu de gens font correctement; manger moins: d’accord, mais plus difficile à dire qu’à faire; la médecine: soigner les malades!
Une solution qui se dessine à l’horizon est le contrôle du poids grâce à la recherche en biotechnologies. Par exemple, il existe des pilules qui diminuent l’appétit. Un perfectionnement de ce type de contrôle est presque inévitable, vu l’attrait de l’immense marché potentiel. Une autre, qui frappe beaucoup plus l’imaginaire, est le génie génétique, qui prendrait la relève de la médecine en adaptant l’humain à un mode de vie sédentaire.
Si nous ne réussisons pas à maîtriser la génétique nous-mêmes, nos superordinateurs et les avancements en nanotechnologie nous permettront peut-être d’y arriver en bâtissant des machines capables de penser et d’expérimenter par elles-mêmes afin de trouver des mutations génétiques susceptibles de nous aider.
Enfin, si la biologie et sa génétique sont trop incontrôlables, ce sont les ordinateurs eux-mêmes qui prendront la relève, avec une diversité de formes physiques encore jamais vues. Les autoroutes serviront à transporter la matière première pour les construire, et ils auront des problèmes de transport similaires aux nôtres…