Convertir notre flotte de voitures à l’électrique

novembre 29th, 2007

Le Québec est dans le rouge. La balance commerciale était négative de 5,7 milliards de dollars en 2005, selon Richard Bergeron, chef de Projet Montréal (j’en parlais en février). L’industrie du pétrole et de l’automobile, à elle seule, nous coûtait en 2005 22,8 milliards, et est pratiquement responsable du déficit de 5,7 milliards de 2005. Ça doit être pire aujourd’hui.

Il va aussi sans dire que l’automobile est responsable d’une grande partie des émissions de gaz à effet de serre, et de la pollution de l’air.

En faisant abstraction des 700 morts et 51 000 blessés sur nos routes chaque année, est-ce qu’il serait faisable d’éliminer notre déficit commercial et la pollution en convertissant notre flotte automobile à l’électricité? C’est ce qu’a tenté de savoir Miguel Tremblay.

Selon un calcul rapide, il nous faudrait trouver 3000 mégawatts de capacité de production. Pour comparaison, complexe hydroélectrique La Grande a une puissance totale de 16 021 mégawatts. Les projets du Suroît et de la rivière Rupert ne font pas chacun 900 mégawatts.

On pourrait peut-être y arriver en augmentant notre efficacité énergétique. Hydro-Québec aurait annoncé en 2004 qu’elle pensait pouvoir économiser 6000 mégawatts.

Une autre source possible: l’éolien. Toujours en 2004, selon un article dans Le Devoir, “neuf producteurs privés d’électricité, associés à trois des plus importants turbiniers internationaux, ont déposé mardi des propositions fermes auprès d’Hydro-Québec pour installer en cinq ans en Gaspésie 4000 mégawatts d’énergie éolienne”.

À première vue, il semble possible d’alimenter nos voitures à l’électricité. Il faut toutefois considérer l’ensemble des répercussions. La construction d’une automobile nécessite énormément d’énergie. Une voiture électrique aurait des batteries qu’il faudra recycler. Une initiative de migration massive à la voiture électrique signifie qu’on mettra beaucoup de voitures à la casse, et il faudra avoir la capacité de les recycler en grand nombre. Enfin, il faut compter la dépense d’énergie qui sera nécessaire à la construction d’un barrage ou de parc éoliens.

Combien coûterait un tel plan? Ce n’est pas moi qui vais y répondre! Ça pourrait être rentable à long terme, qui sait? En intégrant dans le projet la construction de trains légers sur rails (lire tramway), plus efficaces énergétiquement qu’une voiture électrique, et en tentant de rendre nos villes plus humaines en diminuant la place que prend la voiture, je voterais pour!

En fait, ce plan est peut-être déjà en voie de réalisation car plusieurs automobiles fabricants y travaillent, et Projet Montréal pourrait gagner les élections…

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One Response to “Convertir notre flotte de voitures à l’électrique”

  1. F3eL Says:

    Il ne faut pas oublier qu’on exerce une substitution au niveau de l’impact dans la balance commerciale.

    Au lieu de vendre l’électricité hors-Québec, on la garde = impact négatif

    Mais on importe moins d’essence = impact positif

    Notre exportation d’électricité évite, entre autre, à des centrales au charbon ou nucléaire une production équivalente d’électricité, améliorant ainsi les émissions polluantes. L’analyse résiderait donc en un comparatif entre cet impact vs celui de moins brûler de pétrole au Québec.

    Peut-être qu’on gagnerait plus à continuer de générer l’électricité de nos voitures directement DANS le véhicule (vs charger le véhicule via le réseau national de production monopolistique) et à augmenter l’efficacité énergétique de ces technologies (autant à essence qu’à l’électricité)

    Cela dit, la part de l’achat de véhicules dans les dépenses de consommation est aussi assez importante. Ne devrait-on pas inciter les constructeurs à produire leurs voitures ici? Déjà, l’Ontario en produit, alors j’incite les gens à acheter des voitures fabriquées au pays..c’est déjà mieux qu’à l’étranger et, dans une moindre mesure, aux USA.

    Sujet intéressant, mais combien complexe!

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