Archive for novembre, 2007

Le logiciel libre : une incarnation moderne de la devise: « Liberté, égalité, fraternité »

Vendredi, novembre 30th, 2007

Vous le saviez probablement déjà : l’expression « logiciel libre » fait référence à la liberté et non pas au prix. En fait, pour comprendre le concept, vous devez penser, même si les logiciels libres sont presque tous gratuits, à la « liberté d’expression », et non à une « bière gratuite ». L’expression « logiciel libre » fait donc référence à la liberté pour les utilisateurs d’exécuter, de copier, de distribuer, d’étudier, de modifier et d’améliorer le logiciel. Pour développer sur ce phénomène, dont l’engouement se fait de plus en plus sentir, tant du côté des particuliers que des organisations, la TÉLUQ et La Toile des Communicateurs recevront le 12 décembre prochain François Huot, un journaliste de carrière certes et également un vulgarisateur informatique, lors d’un spécial hors série de nos soirées « Les Grands Communicateurs ».

  • Auditorium de la TÉLUQ, 100, Sherbrooke Ouest, salle SU1550, à Montréal (près de la station de métro Place-des-Arts)
  • Dans les locaux de la TÉLUQ, à Québec, au 455, rue du Parvis, salle 2332 (quartier St-Roch, anciennement rue de l’Église)
  • Par webcast (par le biais d’une adresse URL qui vous est communiquée après réservation)

Convertir notre flotte de voitures à l’électrique

Jeudi, novembre 29th, 2007

Le Québec est dans le rouge. La balance commerciale était négative de 5,7 milliards de dollars en 2005, selon Richard Bergeron, chef de Projet Montréal (j’en parlais en février). L’industrie du pétrole et de l’automobile, à elle seule, nous coûtait en 2005 22,8 milliards, et est pratiquement responsable du déficit de 5,7 milliards de 2005. Ça doit être pire aujourd’hui.

Il va aussi sans dire que l’automobile est responsable d’une grande partie des émissions de gaz à effet de serre, et de la pollution de l’air.

En faisant abstraction des 700 morts et 51 000 blessés sur nos routes chaque année, est-ce qu’il serait faisable d’éliminer notre déficit commercial et la pollution en convertissant notre flotte automobile à l’électricité? C’est ce qu’a tenté de savoir Miguel Tremblay.

Selon un calcul rapide, il nous faudrait trouver 3000 mégawatts de capacité de production. Pour comparaison, complexe hydroélectrique La Grande a une puissance totale de 16 021 mégawatts. Les projets du Suroît et de la rivière Rupert ne font pas chacun 900 mégawatts.

On pourrait peut-être y arriver en augmentant notre efficacité énergétique. Hydro-Québec aurait annoncé en 2004 qu’elle pensait pouvoir économiser 6000 mégawatts.

Une autre source possible: l’éolien. Toujours en 2004, selon un article dans Le Devoir, “neuf producteurs privés d’électricité, associés à trois des plus importants turbiniers internationaux, ont déposé mardi des propositions fermes auprès d’Hydro-Québec pour installer en cinq ans en Gaspésie 4000 mégawatts d’énergie éolienne”.

À première vue, il semble possible d’alimenter nos voitures à l’électricité. Il faut toutefois considérer l’ensemble des répercussions. La construction d’une automobile nécessite énormément d’énergie. Une voiture électrique aurait des batteries qu’il faudra recycler. Une initiative de migration massive à la voiture électrique signifie qu’on mettra beaucoup de voitures à la casse, et il faudra avoir la capacité de les recycler en grand nombre. Enfin, il faut compter la dépense d’énergie qui sera nécessaire à la construction d’un barrage ou de parc éoliens.

Combien coûterait un tel plan? Ce n’est pas moi qui vais y répondre! Ça pourrait être rentable à long terme, qui sait? En intégrant dans le projet la construction de trains légers sur rails (lire tramway), plus efficaces énergétiquement qu’une voiture électrique, et en tentant de rendre nos villes plus humaines en diminuant la place que prend la voiture, je voterais pour!

En fait, ce plan est peut-être déjà en voie de réalisation car plusieurs automobiles fabricants y travaillent, et Projet Montréal pourrait gagner les élections…

Première journée sous zéro: -9°C

Mercredi, novembre 28th, 2007

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Deuxième journée de travail: -9 degrés Celcius. J’ai enfin pu essayer l’équipement que je me suis procuré à la Mountain Equipment Coop: un cache-visage, une tuque à l’épreuve du vent, des lunettes de ski, des mitaines, et des couvre-chaussures.

Fort de ma mauvaise expérience l’an dernier, où je suis allé travaillé à vélo sous zéro mais mal protégé, je me suis procuré cette année tout ce qu’il faut pour qu’il ne reste pas un bout de peau exposée. Il ne reste que le bout du nez, mais celui-ci ne s’en est pas ressenti.

Malheureusement, mes pantalons de gore-tex sont trop courts, et lorsque je pédale, une petite partie de ma jambe se dévoile. Je vais essayer mes pantalons imperméables, ou des bas plus longs…

Mon vélo sur des pneus d’hiver

Mardi, novembre 27th, 2007

Ayant l’intention d’aller travailler à vélo toute l’année, je me suis procuré, pendant mon congé de paternité, deux pneus à clous 700×38C pour mon Peugeot Appalaches, un vélo de cyclotourisme. Je suis maintenant membre de la Mountain Equipment COOP :)

Il y a eu très peu de glace à date, mais je crois que je vais avoir besoin de pratique. J’ai cru comprendre qu’il faut abandonner le frein avant…

Bref, voilà mon vélo stationné à l’intérieur, au travail. Il paraît qu’il vaut mieux le laisser au froid toute la semaine, pour ne pas que l’eau fonde et fasse rouiller les pièces. Je vais donc devoir trouver un autre endroit où le stationner, car le rack à vélo extérieur a été enlevé pour l’hiver!

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Voici un gros plan d’un des clous de mon pneu. Il y en a 120 comme ça, je crois. La tête est carrée, contrairement aux clous que j’ai vus sur les pneus à La Cordée, qui avaient la tête ronde (wtf?)

En plus des clous, ces pneus ont beaucoup de crampons, chose que mes pneus d’été n’avaient pas. J’ai eu de la difficulté à les poser, parce que mes garde-boue étaient trop près de la roue. Ça frotte de temps en temps, et le garde-boue avant frappe la roue quand je prend des bonnes bosses.

Plan de transport : rapport minoritaire — Revoir le projet Notre-Dame Est

Dimanche, novembre 25th, 2007

Ce jeudi, Richard Bergeron, membre de la commission du comité exécutif de la ville de Montréal mandatée d’étudier le plan de transport, déposait un rapport minoritaire recommandant:

  • Que le 11e chantier, Moderniser la rue Notre-Dame, soit temporairement retiré du Plan de transport;
  • Que la Ville de Montréal renonce à transformer la rue Notre-Dame Est en autoroute urbaine d’une capacité de 150 000 véhicules par jour;
  • Qu’en lieu et place, les services de la Ville développent un concept de boulevard urbain, similaire à ceux de San Francisco, de Toronto, de Barcelone ou de Lyon, d’une capacité maximale de 50 000 véhicules par jour, intégrant en son centre un corridor Nouveau- Tramway / Tram-Train reliant le centre-ville à la pointe Est de l’île;
  • Que l’on mette à profit la démolition programmée de l’échangeur Turcot et de l’autoroute Bonaventure pour appliquer cette approche à l’ensemble des quinze kilomètres de longueur du corridor autoroutier Sud de Montréal, entre l’autoroute Décarie, à l’ouest, et le pont-tunnel Louis-Hyppolythe-Lafontaine, à l’Est;
  • Que le MTQ affecte la somme de 3 milliards de dollars, présentement disponible pour financer la réfection et la complétion du corridor autoroutier Sud de Montréal, à la réalisation de ce projet alternatif de transport des personnes et des marchandises.
  • Quand ledit projet alternatif sera suffisamment avancé, qu’on l’intègre au Plan de transport : Réinventer Montréal.

Lire le rapport complet

Il va sans dire que ça sera ignoré par le comité exécutif.

Crise du pétrole à l’horizon

Samedi, novembre 24th, 2007

J’ai eu l’idée récemment de classer tous les documentaires référencés sur mininova en ordre décroissant de “seeds” afin de voir qu’est-ce que la communauté est la plus encline à partager. J’ai trouvé réconfortant de voir mes films favoris dans en tête de liste: An Inconvenient Truth (qui m’obsède depuis février), Sicko, Why we Fight (dont j’ai parlé ici même le 4 juillet dernier), et Who Killed the Electric Car?.

J’avoue avoir un penchant pour les films touchant au développement durable, tout particulièrement au transport. Il y a cependant un film qui ne figurait pas au “box office mininova”: The End of Suburbia (www.endofsuburbia.com), probablement parce qu’il s’agit d’un film parmis tant d’autres qui rappelle que nous approchons de la chute de l’ère du pétrole. Le film commence de la même façon que The Art of Urban Cycling, c’est-à-dire par un résumé historique de l’avènement de la voiture, caractérisé par un exode vers la banlieue.

Après le visionnement de ce film, je me suis questionné sur l’effet qu’aurait cette crise à l’apparence inévitable, et j’ai lu la page Wikipédia traitant de la crise mondiale du pétrole de 1973. Je trouvais curieux le fait d’avoir une récession économique en même temps qu’une inflation. Dans mon esprit mal éduqué, l’inflation vient avec la prospérité économique. J’ai réalisé qu’une crise de l’énergie apportera les deux: la hausse des prix du pétrole causera l’inflation. J’apprends donc que l’inflation peut avoir plusieurs causes.

Matthew Simmons, soulignant dans le film le black-out de l’été 2003 comme signe révélanteur de l’accroissement de la demande d’électricité, est un personnage intéressant. Il a affirmé à un journaliste du New York Times que, selon lui, “le prix du pétrole, présentement autour de 65$ le baril, ferait plus que tripler au courant des cinq prochaines années”. Ça, c’était en 2005. Son pari signifie qu’en 2010, le baril se vendrait au-dessus de 200$. Aujourd’hui, selon Bloomberg, le baril se vent 98$. En deux ans, ça fait 50% d’augmentation! Si, dans deux ans, il augmente encore de 50%, le baril sera à 147$. Dans quatre ans, en 2011, toujours au même rythme, il sera à 220$. Ça, c’est si le rythme reste le même. Le gars a de bonnes chances de gagner son pari.

En tout cas, la fin du film dresse un portrait assez sombre des 10 ou 20 prochaines années, et j’essaie d’en saisir l’ampleur, les diverses implications, et les façons de m’en sortir le mieux possible quand ça arrivera. Je crois que ça arrivera. Je n’ai pas les preuves devant les yeux, mais je le crois. Et vous, le croyez-vous?

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Qu’est-ce que ça change, d’avoir la foi? Pourquoi est-ce que je m’en préoccuperais? Les choses vont pourtant bien, aujourd’hui: je me promène en voiture, je fais mon épicerie, etc. Si la crise survient dans 10 ans, je serai encore là. Maëva, ma fille, aura 10 ans. Elle ne comprendra peut-être pas encore tout ce que ça signifie. On ira moins souvent en banlieue visiter la famille, peut-être.

Ma voiture actuelle a presque 14 ans d’âge, et à voir la rouille qu’elle a, je dois décider par quoi je la remplace, si je la remplace. Est-ce que ça vaut la peine d’acheter une voiture neuve, fonctionnant uniquement à l’essence, sachant que le coût de l’essence a déjà grimpé considérablement ces dernières années? Est-ce qu’une voiture hybride sera vraiment plus avantageuse, sachant que sa seule source d’énergie reste le pétrole? Je dois aussi penser à la baisse de valeur de revente une fois la crise venue, en sachant que les voitures achetées aujourd’hui sont plus durables que celles achetées il y a dix ans.

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Côté chauffage, j’ai comparé les coûts il y a deux ans, et j’ai décidé d’ajouter un élément électrique à ma fournaise 100% mazout. Je chauffe donc 90% du temps à l’électricité, et je suis beaucoup moins dépendant des variations de prix, même si l’électricité risque d’augmenter légèrement en même temps que le pétrole.

Pour le reste, que puis-je faire? Tout ce que j’achète provient très souvent de l’extérieur de ma province, et je dois m’attendre à une hausse graduelle des prix. C’est déjà visible avec la hausse récente du prix des céréales, en partie (ou totalité?) causée par la production d’éthanol, combinée à celle du baril de pétrole. L’essentiel, c’est de pouvoir me nourrir, donc favoriser les producteurs locaux. Il faut faire attention, car même en allant au marché Jean-Talon, il est possible d’acheter des choses qui proviennent de très loin.

Enfin, qui dit récession économique dit perte d’emploi. Au paysage, il faut ajouter la situation démographique: les boomers iront massivement à la retraite d’ici 10 ans, au même moment où le baril de pétrole commencera, dit-on, à grimper rapidement. Est-ce que la perte d’emploi surviendra au même moment? Est-ce qu’il y aura pénurie dans certains domaines? Et quels seront les secteurs les plus touchés par les pertes? Quels sont les secteurs les plus sûrs?

Tout comme lors de la crise de 1973, il y aura une forte recherche d’énergies alternatives. Mais les intervenants du film The End of Suburbia prétendent qu’il n’y a actuellement aucune solution permettant de remplacer le pétrole, et surtout pas en 10 ans. Éthanol? Insuffisant. Hydrogène? Ce n’est pas une source d’énergie. Nucléaire? Très coûteux, long à mettre en place. Il n’y aura PAS de solution.

Au Québec, on a l’hydro-électricité. Même si nous étions capables de convertir toutes nos voitures actuelles à l’électricité, nous n’aurions même pas assez d’électricité pour l’alimenter. Il faudra réduire nos déplacements, et renouer avec le transport collectif, économe en énergie et utilisant plus facilement l’électricité grâce à ses rails. Et il y a le vélo!

Venez à Montréal, gens du nord!

Mercredi, novembre 21st, 2007

Après l’annonce du prolongement de l’autoroute 25, voilà que le maire Tremblay nous annonce fièrement qu’il transformera le boulevard Notre-Dame en autoroute. Le message est très clair: les banlieusards de la couronne nord seront les bienvenus au centre-ville. Amenez-en des chars!

Y appellent ça de la revitalisation! Revitalisation de quoi? des berges du fleuve Saint-Laurent qu’on ne voit plus? Oh que non! Pourtant, c’est ce que Barcelone a fait, et qui a contribué à en faire une des plus grandes destinations touristiques d’Europe. J’y suis allé. C’est superbe. Mais à Montréal, on construit des autoroutes sur nos plages! C’est ÇA le progrès! Je le dis et redis, Projet Montréal a un objectif très différent: la mise en valeur de
l’Entrée maritime de Montréal
.

Dans plusieurs villes du monde, on a cessé d’augmenter la capacité routière. Dans plusieurs, on a détruit des autoroutes riveraines très semblables au boulevard Notre-Dame. À Vancouver, cette logique a diminué de façon très significative le temps moyen pour se rendre au travail. À Séoul, le maire a remplacé l’équivalent de notre autoroute métropolitaine par ceci:

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J’ai cru que Gérald Tremblay allait changer Montréal pour le meilleur, mais après deux mandats, je réalise qu’il veut enlaidir sa ville, et favoriser l’exode des familles vers les banlieues conçues avec la voiture comme seul moyen de transport. Il se vante de tracer des pistes cyclables par terre, mais elles seront dangereuses puisqu’il aura favorisé l’automobile.

Ce soir, après une première neige, j’ai enfourché mon vélo pour me rendre au centre-ville, et je continuerai à le faire cet hiver pour aller travailler. Mais qui sait, si Projet Montréal perd les élections municipales en 2009, j’irai peut-être m’acheter une maison en banlieue, avec un garage double et deux chars pour aller travailler? Espérons que d’ici là le pont de la 25 et l’autoroute Notre-Dame auront deux fois plus de voies!

Après la cigarette, l’auto

Lundi, novembre 19th, 2007

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Mon ami Joan m’en parlait la semaine dernière, et maintenant c’est Yves Boisvert qui l’exprime: On n’a plus besoin du point d’interrogation. La voiture est bel et bien la nouvelle cigarette.

Insensiblement, notre perception de l’automobile change. Comme nous avons changé au fil des ans notre perception de la cigarette. Cela a rendu parfaitement acceptables des restrictions sur l’usage du tabac que même les non-fumeurs, il y a 25 ans, auraient crues dignes d’un régime totalitaire.

La même chose arrive à l’automobile. La conscience de plus en plus aiguë des dimensions nocives de l’automobile se lit dans les lois, les décisions des tribunaux, le discours public.