La conservation de l’eau à Montréal

février 16th, 2007

Le Centre d’écologie urbaine invitait jeudi la population du quartier Milton-Parc et des environs à une « conversation publique sur des propositions d’actions concrètes pour la conservation de l’eau ». Cette rencontre visait à « élaborer un plan de développement durable pour le quartier ». En même temps il y avait la présentation de FACIL sur Linutop, alors je devais choisir: l’eau!

Il y a neuf mois je préparais mon projet de récupération d’eau de pluie, et je cherchais une façon d’accumuler l’eau, en respectant un budget limité. J’ai trouvé une solution, et je devrai la décrire ici un peu plus tard, mais quand j’ai vu cette invitation du Centre d’écologie urbaine, j’ai voulu échanger des idées.

J’écrivais en avril 2006 que je n’avais  aucune raison de vouloir réduire ma consommation d’eau potable, alors j’espérais obtenir une motivation lors de l’exposé qui précédait les ateliers. Alors qu’on parlait de sensibilisation, j’ai demandé à ma table pourquoi les citoyens devraient économiser l’eau.

Réduire l’impact de l’homme sur son environnement? (le fleuve Saint-Laurent, ici). D’accord, mais je ne crois pas qu’on abuse de notre eau à Montréal, et en soustrayant les fuites de l’aqueduc vieillissant de Montréal (30 à 40% de la production), la consommation par habitant me semble acceptable.

Selon les chiffres d’Environnement Canada, Montréal achemine à des fins domestiques 446 litres par jour par personne. En soustrayant 40% de fuites, on arrive à 268, comparable à Halifax (272), supérieur à Toronto (233) et Longueuil (168) et inférieur à Vancouver (356) et Hamilton (474). Montréal est loin d’être championne, mais on ne voit pas là de quoi s’affoler, outre la quantité de pertes du réseau.
Il est difficile de promouvoir l’économie d’eau quand la municipalité elle-même en gaspille 40%. On est bien au-dessus de la grand majorité des villes canadiennes, qui est plus près de 10%. On dit que le tiers du réseau est à refaire, et qu’un autre tiers sera à refaire dans les 20 prochaines années.

Après cette soirée de discussions, je ne comprends toujours pas pourquoi on devrait bombarder les citoyens d’incitations à économiser l’eau.

Toutefois, nous avons fait une distinction entre l’utilisation de l’eau et son rejet dans les égouts. L’eau des égouts pluviaux et sanitaires est acheminée dans un égout commun à une usine de filtration avant d’être rejetée à la pointe est du fleuve. Or, dans le portrait général de l’eau de Montréal, on peut lire que:

« par temps de pluie, la qualité de l’eau est affectée par les nombreux débordements des réseaux d’égouts unitaires et par les déficiences de certains réseaux sanitaires ou pluviaux. [...] Par ailleurs, l’imperméabilisation des surfaces et la densité du réseau routier dans les secteurs fortement urbanisés augmentent la quantité d’eaux pluviales rejetées aux cours d’eau. Ces eaux sont aussi plus contaminées que celles des quartiers résidentiels. »

C’est peut-être une meilleure raison de récupérer de l’eau de pluie. En installant des barils de rétention chez moi, je ralentis l’écoulement dans les égouts par temps de pluie.

Pourquoi ne pas acheminer l’eau de pluie à un réservoir commun et l’offrir aux résidents à l’aide d’une pompe? Cette eau pourrait servir à arroser la végétation, à laver des voitures, ou laver le… ciment? :) L’idée a été bien accueillie.
J’ai appris que plusieurs quartiers ont déjà des bassins de rétention d’eau, mais elle n’est pas offerte aux résidents. Il paraît que des camions de la ville servant à arroser les fleurs utilisent l’eau d’un réservoir à St-Michel.

L’idée fera-t-elle son chemin?

Articles relatifs

2 Responses to “La conservation de l’eau à Montréal”

  1. Nicolas Marchildon Says:

    Émission plus ou moins convaincante dimanche dernier dans la série Planète prise 2. Télécharger sur tv-qc.net. Magnet.

  2. Nicolas Marchildon Says:

    Mise au point de la Ville de Montréal - Le phénomène des surverses et du rejet des eaux usées

Leave a Reply