Archive for novembre, 2006

Baby Loosers

Jeudi, novembre 23rd, 2006

Benoit Séguin, dans La mauvaise éducation (Jobboom), affirme:

L’école est devenue une manufacture à diplômes, sans plus. Je résumerais sa mission ainsi : remettre au marché du travail le plus de diplômés possible, le plus vite possible. Je me le fais dire constamment par mes collègues et supérieurs : il ne faut pas faire échouer les élèves. Sans égard à la qualité de leur formation, il faut les amener coûte que coûte jusqu’au diplôme d’études collégiales (DEC) parce que des emplois les attendent.

Mon expérience dans le système d’éducation dans les années 1990 m’a démontré à quel point les élèves sont peu studieux. Les amis passent avant les devoirs, même à l’université. Au secondaire, obtenir des bonnes notes est mal vu, et on est classifié nerd rapidement. Le climat général n’encourage pas l’étude, ou bien je n’ai pas sû trouver ceux qui étudiaient.

On pense que les 20 premières années d’une vie ne devraient pas être aussi difficiles. Comme le dit Barbie, Math class is tough et I love shopping!. Imbibés de publicité, constamment incités à faire n’importe quoi sauf étudier, et élevés par une génération de baby-boomers émancipés de l’église mais incapables d’imposer la discipline, pas étonnant qu’on en soit rendus là. Selon M. Séguin, la prochaine génération va être pire encore, et je n’ai pas de mal à le croire.

Aujourd’hui, se sont les économistes comme Alain Dubuc qui doivent faire l’Éloge de la richesse pour envoyer un signal d’alarme, de même que Lucien Bouchard dans Pour un Québec lucide et Dévelopement économique Canada qui soulignent tous le retard en productivité du Québec. Certains l’interprètent mal en pensant qu’on nous demande de travailler plus, mais il est ici question de travailler mieux!

Et comment est-ce qu’on fait? Ça prend pas un doctorat pour comprendre que l’éducation y est pour quelque chose. Pourtant, ce n’est pas en injectant des millions qu’on va régler le problème, d’autant plus qu’en étant moins productifs, on a moins d’argent pour les services publics. Il faudra plutôt compter sur les parents actuels et futurs pour s’intéresser davantage aux études de leurs enfants, pour montrer à nos jeunes qu’on aime l’école, et que c’est important pour nous.