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Projet de récupération d’eau de pluie

Jeudi, avril 6th, 2006

L’automne dernier, mon terrain a été en grande partie ravagé par des travaux d’excavation pour installer un drain français, au pied des fondations de la maison. Ce printemps, je dois donc remettre un couvert végétal, si on peut dire. Comme j’avais déjà pensé installer un baril pour récupérer l’eau de pluie tombant des gouttières, l’idée a refait surface - ou plutôt, j’ai pensé que ce printemps était le moment idéal pour enfouir un réservoir de plus grande capacité.

En discutant avec un collègue qui habite à St-Hyppolite, dans les Laurentides, et qui puise son eau dans un puits avec un pompe, j’ai réalisé à quel point c’était simple à réaliser. Je m’imaginais devoir stocker l’eau en hauteur pour créer une pression suffisante pour arroser le jardin et possiblement alimenter les toilettes, mais en fait, il suffit d’un réservoir d’eau relativement petit, et d’une chambre d’air comprimé, pour maintenir la pression. Une pompe démarre dès que la pression diminue sous un certain seuil.

Le raisonnement

Idéalement, je ferais ça pour économiser de l’argent au long terme, mais en réalité, je n’ai actuellement pas de compteur d’eau, comme la presque totalité des résidences de l’Île de Montréal (mais ne me citez pas là-dessus, je n’ai rien vérifié). Certains sont en faveur de l’installation de compteur pour tout le monde, d’autres préfèrent que ça reste pour le secteur industriel. Je laisse la décision aux experts, mais s’ils décident de procéder, j’en serai bien heureux.

Mais d’ici là, je n’ai aucune raison de vouloir réduire ma consommation d’eau potable. Je n’ai pas vérifié auprès de la ville ou du gouvernement pour savoir s’il existe des crédits d’impôt ou programme de subvention pour ce genre de travaux, car si c’était le cas, je crois fort que j’en aurais entendu parler en quelque part. (j’avoue qu’en écrivant ceci je me sens mal de ne pas l’avoir fait) Mais bref, les raisons qui me poussent à chercher une solution de récupération d’eau de pluie ne sont pas financières.

D’abord, je suis un bricoleur, comme mon père et mon grand-père, et ce genre de projet m’emballe. J’aime particulièrement jouer avec de l’eau, de l’air, déplacer, stocker, gérer. Ensuite, j’aime expérimenter des choses, les documenter, communiquer mes résultats, et motiver d’autres personnes à remettre en question leur façon de vivre. Enfin, j’ai une conscience sociale relativement développée, et faire ma part dans la réduction de la consommation d’eau potable a un effet infime sur le coût total de filtration de l’eau de la ville.

C’est principalement pour ces raisons que j’ai envie de réaliser ce projet. Je m’impose une contrainte budgétaire, par contre, car je ne veux pas investir un montant élevé dans un projet qui servira d’exemple à d’autres. Qui voudra mettre 5000$ dans quelque chose qui ne rapporte pratiquement rien? Même avec un compteur, au Québec, l’eau est abondante, et le prix du mètre cube est presque ridicule comparé au prix payé en Europe: quelques sous versus quelques euros (selon RVG). Je me fixe donc un budget de 1000$, réservoir, pompe, et tuyauterie inclus.

La consommation

En faisant des recherches sur internet, j’ai noté quelques sites, notamment celui de Idées Maison, qui donne des chiffres et des conseils pour un tel projet. J’ai donc fait mes calculs en me basant sur les Normales et moyennes climatiques au Canada 1971-2000 du gouvernement du Canada pour Montréal.

La moyenne mensuelle des précipitations de chaque mois de l’année varie de 18mm en février à 94mm en août. L’accumulation quotidienne extrême est de 82mm, chose qu’il faut considérer si on redirige toute l’eau dans un système.

La consommation d’eau des toilettes est assez facile à estimer: un peu moins de 1000 L par mois, pour un ménage de deux personnes, soit 100 chasses de 10 L par mois. La consommation pour l’arrosage extérieur, par contre, est plus difficile à estimer, car il dépend de la répartition des pluies dans le mois. De plus, j’ai lu qu’il faut compter 17 L par mètre carré, mais je n’ai pas trouvé si c’était pour une journée, une semaine, un mois, ou une année. Il me semble que 17 L par mètre carré, par jour d’arrosage a du sens, mais comment savoir à quelle fréquence je vais arroser? Si j’arrosais la totalité de mon terrain (sans la maison), ça me prendrait plus de 4000 L par arrosage!

Je me suis donc dit que je pouvais récupérer le plus d’eau possible. Avec une surface de récupération d’environ 44 mètres carrés, un réservoir de 3000 litres permettrait selon moi une récupération acceptable, en considérant une consommation continue. Y’a rien de très mathématique dans cette affirmation. En regardant les chiffres, j’ai gagné confiance dans Idées Maison qui recommande une cuve de 3000 à 4000 L.

Le matériel

Le plus gros élément du système, c’est le réservoir. À celui-ci, il faut ajouter une pompe (100-200$), un réservoir d’air pressurisé (100-200$), et de la tuyauterie. Sur un budget de 1000$, ça laisse pas beaucoup plus que 600$ pour le grand réservoir.

Fabriquer moi-même un réservoir en béton de 3 mètres cubes, avec murs de 4 pouces d’épaisseur, couvercle inclus, nécessiterait 47 pieds cube de ciment,soit 94 sacs de 30 kg, pour un total de 2826 kg. Avec ma Tercel, ça représente une dizaine de voyages de 10 sacs. À 4$ le sac (ça me semble cher), ça signifie 376$. À ce prix il faut ajouter le contre-plaqué pour le moulage (environ 100$). Faire venir une bétonneuse simplifierait beaucoup la construction. N’ayant que très peu d’expérience avec le ciment, cette solution me repousse un peu, car je doute de la qualité de mon travail, et je me demande comment fabriquer et poser le couvercle, qui sera inévitablement très lourd.

Acheter un réservoir de béton pré-fabriqué de 3600 L coûterait environ 1000$ taxes incluses. Ceci a l’avantage de nécessiter très peu de travail, et d’être installé rapidement. Un réservoir en plastique coûterait à peu près la même chose, mais je dois vérifier les prix avec d’autres fabricants locaux.

Une autre solution est d’enfouir des poubelles, mais j’ai peur que leurs parois s’affaissent. Une poubelle de 120 litres coûte environ 50$ (18 cents le litre). Il serait possible d’utiliser des barils de plastique plus épais, mais il faut les trouver, ces barils. Ces deux solutions nécessiteraient près de 10 contenants, pour faire au moins 1 ou 2 mètres cubes de capacité, ce qui augmente la complexité, puisqu’il faut tous les interconnecter.

Pour le moment, fabriquer moi-même un réservoir en béton ne m’intéresse pas beaucoup, et l’achat semble dépasser mon budget. Je continue toutefois à chercher. Par exemple, avec les conseils de ma copine, je suis allé visiter un éco-centre et ai trouvé une douche en fibre de verre qui aurait pu servir, mais qui était déjà vendue. Je garde espoir…